
Hope Gangloff est une peintre américaine née en 1974 dans l’État de New-York.
Marier l’excès et la banalité pour y faire jaillir la vie et l’amour. De portraits en paysages aux accents psychédéliques, le public voit à travers le pinceau d’Hope Gangloff les effets d’une prise d’hallucinogènes. Qui n’a jamais halluciné en toute conscience, rêvant d’une vie bien plus trépidante et moins morne que la monotonie des jours qui passent ?
L’expressionnisme trippant de cette peintre américaine nous ravit autant que celui teinté d’égo-trip glauque d’Egon Schiele. Ce dernier est glauque dans ce rapport à soi sombre et disloqué et ces corps presque démembrés. Les messages n’y sont pas les mêmes, les caractères sont différents. Torturé pour l’un, observateur pour l’autre. Ici, le sujet n’est pas elle-même mais ce qui la touche suffisamment pour venir s’ancrer sur une toile. Elle peint la simplicité, qu’elle soit retranscrite par des proches avachis devant un film, songeurs, ou l’air désabusé ; ils sont saisis sur l’instant présent sans fioritures ni mise en scène.

Elle effleure la photographie, tout en conservant la multitude de possibilités chromatiques que peuvent offrir les beaux-arts. La photographie brute laisse peu de place à la subjectivité en terme de couleurs et de fantaisie, ce que permet la peinture. Pierre fondatrice de son style, cette saturation chromatique donnée à ses toiles contraste avec cette simplicité, en exhumant avec joliesse la banalité.
Peindre comme acte d’amour ; lorsque les mots ne sont pas évidents, peindre s’apparente à une déclaration de confiance et d’amour, aussi bien pour le sujet que l’artiste. Toutes les grandes muses de l’Art moderne et contemporain peuvent en attester, de la fameuse obsession créatrice de l’artiste dont elles sont le noyau. Comme un point qu’il se voue à exposer au monde, oeuvre après oeuvre ; pour certains, c’est une femme muse(lée), pour d’autres, c’est ce Jeu du Moi et du Soi, ou l’Autre vu par soi. En toute subjectivité, lui seul peut ressentir l’importance de cette obsession comme fondation.

Pour Hope Gangloff, cette obsession se tient plus de l’ordre de la préservation du souvenir que d’un désir glouton d’imposer une idée narcissique ; la plupart des artistes peintres semblent se contempler comme Narcisse, à travers le portrait ou l’auto-portrait. Picasso, Dali et tant d’autres ont fait de leur muse un reflet supplémentaire pour jubiler d’eux-même. De son trait hérité de l’expressionnisme à l’emploi de couleurs pétillantes rendant la vie loufoque, un peu plus que de raison, à la croisée entre le fauvisme et l’hyperréalisme ; elle s’emploie à incarner dans ses toiles l’immortalité de l’instant de la vie contemporaine qui nous privent autant de la présence que de la contemplation.
Lorsque l’on regarde ses toiles, et je parle de ses portraits, le spectateur semble être vu ou voir. Les sujets vivent en dehors des toiles tandis que le public semble parfois pénétrer dedans mais loin de toute sensation voyeuriste, l’équilibre subsiste entre les mouvements extérieurs et intérieurs qui régissent le dialogue entre les sujets et le spectateur. Hope Gangloff n’en dévoile jamais trop, simplement assez pour nous laisser nous hisser sur la pointe des pieds et observer avec elle, ce(ux) qui l’entoure.
Vous pouvez retrouver toutes ses oeuvres sur son site.