
Alexis Gallissaires est un artiste français né en 1980 à Perpignan.
Les mythes sont un langage ancestral commun à tous, répudiés ou adorés, ils nous font parler depuis la Grèce antique. Ces mêmes mythes rédigent la ligne visuelle et narrative des oeuvres d’Alexis Gallissaires, le passé éternel se mêle à un présent hostile dans un rendu organique, là où le réel confronte l’irréel.
De ces dessins s’écoule un vocabulaire à part, un tiroir d’idées, broussailleux où chacun y comprend ce qu’il lui plait. À l’aube d’une oeuvre, il part d’un concept défini pour le mêler à une vision contemporaine, tableau de notre société et de ses défaillances : que celles-ci soient culturelles, politiques et sociales, tel que le racisme. La peur de l’étranger, de la différence, est retranscrite par les récits de la mythologie grecque. Finalement, les affres des Dieux grecs et figures religieuses ne sont pas si éloignés de nous. Ils durent comme l’ordre et le désordre semblant faire une boucle au cours de chaque ère de la vie humaine. Et de ces ténèbres si précis, se dégagent l’emphase et la contemplation.

Sa volonté d’artiste réside dans la mise en lumière de ce qui fut avant nous et nous réunit aujourd’hui par ces concepts communs. Pour ce faire, la composition est fondamentale, elle nait de la conjugaison entre l’animalité et l’humanité. Il y a ce désir de dessiner ceci ou cela, et cette volonté quasi humaniste de satisfaire le public. Ainsi, pour ne pas risquer la frustration d’un de ces états au détriment de la jouissance de l’autre, la raison doit se faire une place afin de devenir plus tard, l’image finale de ce futur dessin. Cette dualité qui le pousse, présente dans ses oeuvres, est ce pied qui stabilise une chaise et maintient l’ordre dans celles-ci. Finalement, ce réalisme omniprésent contient l’animalité, tout en la laissant dialoguer avec la métaphore humaniste qui traverse son travail. En dit-on plus par l’emploi de la métaphore ? Le réalisme comme seul maître ne sert-il qu’une faim/fin narcissique ?
Si nous pouvons émettre une telle considération, c’est car l’autre a toute son importance à ses yeux. L’autre, non pas comme public récepteur mutique, mais bien comme sujet possiblement sachant, au-delà de toute idée freudienne, lui apportant un regard neuf sur ce qu’il crée. À vrai dire, nous nous rapprochons plutôt de Sartre, l’Enfer ce sont les autres, et il se couche dans les détails des dessins d’Alexis Gallissaires. Sacré paradoxe, plutôt joyeux puisque l’humain en est un. Les interprétations sont libres d’être ressenties et prononcées, aussi multiples qu’en harmonie. En harmonie avec le désir du dessinateur, dont il tire apprentissage. Divergence et convergence sont les axes externes unifiant ce langage invisible, qui humanise le sens de son art.